La communication vise à contribuer à l’étude des rapports entre humains et eau dans le contexte d’une « urbanisation sauvage » (Nadia Khouri-Dagher, 1985) dans un quartier de la ville de Bujumbura (Burundi) soumis aux risques croissant de catastrophes socio-naturelles (Revet, 2007). Écologiquement fragile car positionnée le long du lac Tanganyika et au pied des contreforts, Bujumbura est très exposée aux aléas hydrologiques. Des inondations dues pour l’essentiel à des pluies torrentielles s’y observent de plus en plus fréquemment. De plus, la démographie galopante à l’échelle nationale s’accompagne d’un exode rural et de migrations urbaines vers les périphéries de la ville, conduisant à la prolifération de nouveaux quartiers sur les collines parmi lesquels des quartiers informels non pourvus d’infrastructures adéquates pour le drainage des eaux ménagères et pluvieuses. La communication interroge dans une perspective pragmatiste les rapports des habitant·es d’un nouveau quartier informel fortement exposé aux risques d’inondation avec ses matérialités hydrologiques. Elle s’appuiera sur une enquête de terrain en cours (initiée en septembre 2024) dans le quartier Gatunguru traversé par la rivière Gasenyi au Nord de Bujumbura, menée par observations directes aux échelles du logement et du quartier et par entretiens compréhensifs auprès d’une quinzaine d’habitant·es aux positions sociales et aux trajectoires résidentielles hétérogènes. Plus précisément, il s’agit d’une part, d’éclairer les rapports symboliques et pratiques des habitant·es, pris dans cette diversité, à l’eau et aux matérialités en lien avec l’eau, qu’elles soient naturelles (tels que les champs et la rivière) ou construites (tels que les canaux d’évacuation des eaux). La place que ces matérialités occupent dans la composition et la délimitation de leur environnement résidentiel vécu est notamment questionnée. D’autre part, la communication interroge la manière dont ces matérialités soutiennent et affectent les relations de voisinage : les alliances et les clivages (Young et Willmott, 2010) qui se forment autour de celles-ci, les pratiques de solidarité qu’elles soutiennent, les affordances (Gibson, 1979) qu’elles offrent aux formes locales de sociabilité. Enfin, ces analyses soutiennnent une réflexion plus théorique sur la relation entre le rural et l’urbain dans le contexte burundais, envisagé dans une perspective de cohabitation et d’hybridation entre des territoires et des sociabilités spécifiques questionnant le modèle classique dichotomique hérité de l’opposition société/communauté (Charmes, 2011)
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