Résumé Cette étude s’intéresse au rôle de l’analogie dans les aspects sociolin-guistiques et cognitifs d’un changement morphophonologique en cours en créole haïtien. Précisément, il s’agit de la nasalisation hors contexte nasal du déterminant postposé. Dejean (1980) et Joseph (1984) avaient remarqué ce qu’ils considéraient comme une variation libre entre, par exemple chat la et chat lan « le chat ». Valdman (1991) a entrepris une étude pilote qui indiquait que cette variation était un changement en cours conduit par des locuteurs bilingues urbains jeunes. Dans cette même étude que nous avons reprise en 2014 à plus grande échelle et avec plus de rigueur avec toutes classes de sujets (urbains ou ruraux, mono ou bilingues), nous avons pu constater que ce changement a été provoqué à partir du modèle dûment décrit par la notion de l’analogie de Saussure (1916), c’est-à-dire par association et/ou par recherche de similitudes aux syntagmes comme jenou an « le genou » et pitimi an « le millet ». Toutefois, même si la nasalisation du déterminant s’est généralisée dans presque tous les contextes (ex. diri an « le riz », pè an « le prêtre », mizik lan « la musique »), il y existe encore une certaine résistance au niveau des voyelles basses (ex. papa a/*an « le père », anana a/*an « l’ananas »). Cette résistance s’explique en raison d’économie articulatoire
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