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Introduction

By Sylvie Patron

Abstract

International audienceThe narrator (the answer to the question "who is speaking ?") is a commonly used notion in the teaching of literature and in literary criticism, even though it is the object of an ongoing and undetermined debate in narrative theory or theories. Is there a narrator in all fictional narratives, or only in some of them (which presupposes that narratives can be told "without a narrator") ? This question divides "communicational" theories, according to which communication between a real or fictional narrator and narratee is constitutive of the definition of the narrative, and "non-communicational" theories, which can also be called "poetic" theories of fictional narrative, which consider that the fictional narrative, or a certain type of fictional narrative, and communication are mutually exclusive categories. According to these theories, fictional narrative is not, or is not always, an act of communication. To the question "who's speaking ?" they answer that, in certain fictional narratives, no one speaks -- more exactly, the question is not even raised, for it is not pertinent. Clarifying the notion of the narrator requires an historical and epistemological approach to different theories, focused on the opposition between communicational theories of narrative in general (no difference between fictional narrative, non-fictional narrative and communicational discourse), non-communicational or poetic theories of the fictional narrative in particular (these theories are based on a thorough study of the linguistic and textual peculiarities of fictional narrative). The book analyses the conception and role of the narrator in the work of narratologists and other canonical theoreticians of narrative communication in France (Gérard Genette, Ch. 1), Czechoslovakia (Lubomír Dolezel, Ch. 2), Germany (Franz Stanzel, Monika Fludernik, Ch. 4 and 6) and America (Seymour Chatman, Marie-Laure Ryan, Ch. 3 and 5), as well as the philosophers of language (John R. Searle, Gottfried Gabriel, Ch. 5) and linguists (Laurent Danon-Boileau, Alain Rabatel, René Rivara, Annex 1) who have shown interest in the problems posed by fictional narrative and, finally, representatives of the non-communicational theory of fictional narratives: Käte Hamburger in Germany (Ch. 7), S.-Y. Kuroda and Ann Banfield, two linguists trained in the generative grammar developed by Noam Chomsky (Ch. 8 and 9) and researchers in cognitive science at the University of New York in Buffalo (Ch. 10). The book questions the dominance of the communicational paradigm in the theory and analysis of fictional narratives. It points out that the persistence of certain presuppositions (for example, the presupposition that the narrator is a voice and that, because it is a voice, it speaks), as well as the under-determination of certain notions such as deixis and subjectivity, are the consequence of a lack of attention to the facts of language. It provides the necessary linguistic and pragmatic tools for interrogating the concept of the narrator, based on the idea that fictional narrative has the power to signal, by specific linguistic marks ("I", deictic or expressive elements), that the reader must construct a narrator, and that when these marks are missing, he or she is able to perceive other forms and other narrative effects, which certain authors have worked hard to obtain. The book also contains a selection of texts by writers of fiction concerning the narrator, an index of names, an index of subjects and a general bibliography (in addition to the bibliographical references found at the end of each chapter).Le narrateur (réponse à la question "qui parle ?") est une notion très exploitée dans l'enseignement de la littérature et dans la critique littéraire, alors qu'elle fait l'objet d'un débat qui n'est pas encore tranché dans la ou les théories du récit. Y a-t-il un narrateur pour tous les récits de fiction ou seulement pour certains d'entre eux (ce qui suppose que des récits puissent être dits "sans narrateur") ? Cette question divise les théories "communicationnelles" du récit, pour lesquelles la communication entre un narrateur et un narrataire, réels ou fictionnels, est constitutive de la définition du récit, et les théories "non communicationnelles", qu'on peut aussi appeler théories "poétiques" du récit de fiction, qui considèrent que le récit de fiction, ou un certain type de récit de fiction, et la communication sont des catégories mutuellement exclusives. Selon ces théories, le récit de fiction n'est pas, ou n'est pas toujours, un acte de communication. À la question "qui parle ?", elles répondent que, dans certains récits de fiction, personne ne parle -- plus exactement, la question ne se pose pas, elle est sans pertinence. Ces théories visent également à réhabiliter la fonction de l'auteur en tant que créateur du récit de fiction. La clarification du concept de narrateur nécessite une approche historique et épistémologique des différentes théories, centrée sur l'opposition entre les théories communicationnelles du récit en général (pas de différence entre le récit fictionnel, le récit non fictionnel et le discours communicationnel) et les théories non communicationnelles ou poétiques du récit de fiction en particulier (ces théories étant basées sur une étude approfondie des particularités linguistiques et textuelles du récit de fiction). L'ouvrage analyse la conception et le rôle du narrateur chez les narratologues et les autres théoriciens de la communication narrative, de tradition française (Gérard Genette, chap. 1), tchèque (Lubomír Dolezel, chap. 2), allemande (Franz K. Stanzel, Monika Fludernik, chap. 4 et 6), américaine (Seymour Chatman, Marie-Laure Ryan, chap. 3 et 5), chez les philosophes du langage (John R. Searle, Gottfried Gabriel, chap. 5) et les linguistes (Laurent Danon-Boileau, Alain Rabatel, René Rivara, annexe 1) qui se sont intéressés aux problèmes posés par le récit de fiction, ainsi que chez les représentants des théories non communicationnelles ou poétiques du récit de fiction : Käte Hamburger en Allemagne (chap. 7), S.-Y. Kuroda et Ann Banfield, deux linguistes américains formés par la grammaire générative de Noam Chomsky (chap. 8 et 9), les chercheurs en sciences cognitives de l'Université de New York à Buffalo (chap. 10). L'ouvrage remet en cause la domination du paradigme communicationnel dans la théorie et dans l'analyse des récits de fiction. Il constate que la permanence de certains présupposés (par exemple, le présupposé que le narrateur est une voix et que, puisque c'est une voix, il parle) et la sous-détermination de certaines notions (comme la notion de déixis ou celle de subjectivité) sont la conséquence d'une attention insuffisante portée aux faits de langue. Il propose les éléments d'une problématisation linguistique et pragmatique de la question du narrateur, fondée sur l'idée que le récit de fiction a le pouvoir de signaler, par des marques linguistiques précises ("je", des éléments déictiques et expressifs), que le lecteur doit construire un narrateur, et qu'en l'absence de ces marques, il lui est possible de percevoir d'autres formes et d'autres effets narratifs, que certains auteurs se sont tout particulièrement efforcés d'obtenir. Le livre contient également un choix de textes d'auteurs de récits de fiction concernant le narrateur, un index des noms, un index des matières et une bibliographie générale (qui s'ajoute aux références bibliographiques donnés en fin de chapitre)

Topics: linguistique et littérature, théorie narrative, Narrateur, [ SHS.LITT ] Humanities and Social Sciences/Literature
Publisher: Paris, Armand Colin
Year: 2009
OAI identifier: oai:HAL:hal-00698712v1
Provided by: Hal-Diderot

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