Écouter les Shadows, quarante-huit ans plus tard et pour la première fois

Abstract

Comme beaucoup de guitaristes des années 1960, Franco Fabbri a commencé sa carrière en essayant de copier le style de Hank B. Marvin, guitare solo des Shadows. Marta García Quiñones ne joue pas de la guitare et jusqu'à une date récente avait eu peu d’occasions d'écouter les disques des Shadows. Les deux auteurs s’intéressent aux modèles d'écoute, à l’analyse musicale, et aux réponses cognitives et émotionnelles à la musique. À l’origine de cet essai, une expérience d'écoute faite par Fabbri, qui, une nuit d’insomnie en voyage, a écouté pendant trois heures (en mode aléatoire, avec casque) une grande partie de sa collection de fichiers mp3 d'enregistrements des Shadows. Probablement en raison de son état semi-hypnotique, l'expérience l’a profondément frappé, lorsqu’il s'est mentalement déplacé à l’époque de son adolescence, quand il a écouté les Shadows pour la première fois et a commencé à jouer leurs morceaux instrumentaux. Fabbri a envoyé ensuite un bref rapport sur cette expérience à Marta García Quiñones, qui lui a posé des questions sur la façon dont cette musique était normalement écoutée dans les années 1960, et elle a décidé d'écouter le groupe (presque) pour la première fois. Cet essai est une version élargie de la correspondance initiée par cet acte d'écoute. Il tente de démontrer que la compréhension de tout événement musical exige de reconnaître et de reconstruire multiples strates d’expériences diverses : perceptives, émotionnelles, analytiques et performatives, présentes et passées, qui semblent être inscrites à la fois dans nos corps et dans nos esprits.Like many guitarists in the early 1960s, Franco Fabbri started his career trying to copy the style of Hank B. Marvin, soloist of The Shadows. Marta García Quiñones doesn’t play guitar and had few chances to listen to records by The Shadows until recently. Both authors have interests in listening models, music analysis, and cognitive and emotional responses to music. The paper was suggested by a listening experience by Fabbri, who one night, unable to sleep while travelling, listened for three hours (in shuffle mode, with headphones) to a large portion of his collection of mp3 files of Shadows’ recordings. Probably due to his semi-hypnotic state, the experience struck deeply, as he shifted back to his teens, when he first listened to The Shadows and started playing their instrumental pieces. Then, Fabbri sent a brief report about that experience to García Quiñones, who was moved to ask questions about how that music was listened to in the early 1960s, and decided to listen to The Shadows (almost) for the first time. The paper is an expanded version of the correspondence that was initiated by that listening act. It tries to demonstrate that understanding any music event demands to unfold and reconstruct multiple layers of perceptual, emotional, analytic and performative experiences, present and past, which seem to be inscribed both in our bodies and in our minds

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