7 research outputs found

    L'invention du paysage culturel sous-marin : le traitement en patrimoine des épaves de la Mer d'Iroise et ses ambiguïtés

    Get PDF
    This research investigates the tendency we have to use things as mediators in our dealing with the past. It aims at drawing the evolution of the status of the things taken back from the sea by inhabitants of coastal areas. Underwater pictures may have become part of our daily life, but not long ago the ocean was still considered as the realm of the unknown, a reality that people didn’t challenge fearlessly. To pick up what stand as foreshore, which seemed nevertheless to play a fundamental part in the interactions between human societies and the ocean, induces a certain unease, for this practise depends on an “economy of salvage” which is at odds with domestic life. This trouble is strenghten by a “culture macabre” which pervades the atmosphere in traditional Brittany (partly fostered by castaways). Still, nowadays the balance seems to be likely to reverse, and it is man who appears as being a threat hanging over the Ocean. The creation of a rotected Marine Area in western Finistere is part of a global system aimed at managing time and space, including patrimonialization of shipwrecks. The inquiry shows that the engraving of memory in public areas echoes with the exhibition of individual memory in privacy. Between “trophies” and “relics”, the souvenirs salvaged by divers reveal the strenght of mechanisms of identification to the group, to places and to their history. These mechanisms are not always conscious. We shall not deny the ambiguity of such process of reinventing the past but this study intends to highlight the emotional affects observed on the ground.Cette recherche aborde la question du rôle de médiateurs que nous attribuons aux choses dans notre dialogue avec le passé. Elle vise à retracer, en fonction des idéologies propres à chaque époque, l’évolution du statut des objets “repris” à la mer par les habitants des côtes. Si les images sous-Marines font partie de notre quotidien, il n’y a pas si longtemps, l’océan était un domaine insondable, auquel on ne se mesurait pas sans crainte. De ce fait, la récupération de la “laisse de mer”, qui paraît pourtant être une composante essentielle des échanges entre les hommes et le milieu océanique, génère un certain malaise car elle relève d’une “économie de la prise” étrangère à l’idéal qui structure l’univers domestique. Le trouble est encore renforcé par une « culture macabre » prégnante dans la région (que les naufrages contribuent à alimenter). Mais le rapport tend pourtant maintenant à s'inverser et ce serait l’homme qui représenterait une menace pour l’océan. La création d’une Aire marine protégée participe d’un système global d’organisation des rapports à l’espace et au temps, dans lequel la patrimonialisation des épaves s’insère parfaitement. L’enquête révèle que l’inscription de la mémoire dans l’espace public se répercute dans la sphère privée, via la mise en scène de leur mémoire personnelle par les individus. À mi chemin entre “trophées” et “reliques”, les souvenirs collectés en plongée reflètent l’influence de mécanismes d’identification au groupe, aux lieux, à leur histoire, plus ou moins conscients. Sans nier l’ambiguïté de ces formes multiples d’intervention sur le passé, la recherche entend insister sur les ressorts affectifs des comportements observés

    Pour en finir avec les mouches

    Get PDF
    La « comédie de l’innocence » désigne un dispositif rituel destiné à légitimer la mort d’un animal en le rendant coupable d’un crime que l’exécuteur a souvent lui-même provoqué. Forgé à partir de matériaux « exotiques », le schéma s’applique aussi aux scènes de chasse dans l’Occident contemporain : à l’identification avec l’animal succède la mise en récit d’une culpabilité censée justifier son exécution. Séduite par le modèle, j’ai voulu le tester sur mon terrain mongol, où les gens livraient aux mouches une guerre sans merci. Je dois me rendre à l’évidence, il se plie mal au contexte : pour massacrer les mouches, il n’est nul besoin d’alibi – elles dérangent, c’est déjà assez –, corollairement, la phase de l’identification semble aussi manquer. Mais alors, qu’est-ce qui exclut une créature du « champ de la compassion » qui fait que l’on se sente en droit de la supprimer sans remords ? Y aurait-il plusieurs degrés d’« animalité » ? Ce sont les questions que ce récit aimerait soulever

    De la bĂŞte au non-humain : perspectives et controverses autour de la condition animale

    Get PDF
    À la croisée de l’anthropologie, de l’histoire, de la géographie et de la sociologie, cet ouvrage donne à voir un panorama des relations entre l’animal et l’homme de l’époque médiévale à nos jours, en différents endroits du monde. Témoins de l’évolution des statuts et du mouvement des frontières ontologiques, les contributions explorent la question animale dans ses dimensions mythiques, symboliques, idéologiques, environnementales, sociales, morales et éthiques. Le Congrès national des sociétés historiques et scientifiques rassemble chaque année universitaires, membres de sociétés savantes et jeunes chercheurs. Ce recueil est issu de travaux présentés lors du 141e Congrès sur le thème « L’animal et l’homme »

    Oulan Bator paysage urbain, ou penser la ville au pays des nomades

    No full text
    La vie à Oulan Bator est un spectacle paradoxal, qui trahit la difficulté des Mongols à vivre la ville. La sédentarité pose à ses habitants un problème de représentation de soi. Les Mongols ne vivent plus d’autosuffisance, ils consomment plus et produisent plus de déchets. La pollution atteint des seuils alarmants. Représentations officielles et vernaculaires du rapport à l’environnement se heurtent autour de la manière de penser le déchet. Le corps scientifique, les autorités et les médias sonnent l’alerte, insistant sur le contraste flagrant entre l’image d’un peuple en harmonie avec la nature d’un côté, celle d’individus s’adonnant à la rapine et à la mendicité de l’autre. Or ce paysage urbain, marqué par l’histoire, est aussi le miroir dans lequel se reflète la société. Les prises de parole qu’il suscite font le va-et-vient entre alerte environnementale et critique sociale. Interroger ces discours fait apparaître la pluralité de ses significations, au regard de la tradition.Cann Typhaine. Oulan Bator paysage urbain, ou penser la ville au pays des nomades. In: Analyse culturelle du paysage : le paysage comme enjeu. Actes du 135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, « Paysages », Neuchâtel, 2010. Paris : Editions du CTHS, 2012. pp. 14-20. (Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, 135-6

    Imaging the underwater landscape : the patrimonialization of wrecks and its ambiguities

    No full text
    Cette recherche aborde la question du rôle de médiateurs que nous attribuons aux choses dans notre dialogue avec le passé. Elle vise à retracer, en fonction des idéologies propres à chaque époque, l’évolution du statut des objets “repris” à la mer par les habitants des côtes. Si les images sous-Marines font partie de notre quotidien, il n’y a pas si longtemps, l’océan était un domaine insondable, auquel on ne se mesurait pas sans crainte. De ce fait, la récupération de la “laisse de mer”, qui paraît pourtant être une composante essentielle des échanges entre les hommes et le milieu océanique, génère un certain malaise car elle relève d’une “économie de la prise” étrangère à l’idéal qui structure l’univers domestique. Le trouble est encore renforcé par une « culture macabre » prégnante dans la région (que les naufrages contribuent à alimenter). Mais le rapport tend pourtant maintenant à s'inverser et ce serait l’homme qui représenterait une menace pour l’océan. La création d’une Aire marine protégée participe d’un système global d’organisation des rapports à l’espace et au temps, dans lequel la patrimonialisation des épaves s’insère parfaitement. L’enquête révèle que l’inscription de la mémoire dans l’espace public se répercute dans la sphère privée, via la mise en scène de leur mémoire personnelle par les individus. À mi chemin entre “trophées” et “reliques”, les souvenirs collectés en plongée reflètent l’influence de mécanismes d’identification au groupe, aux lieux, à leur histoire, plus ou moins conscients. Sans nier l’ambiguïté de ces formes multiples d’intervention sur le passé, la recherche entend insister sur les ressorts affectifs des comportements observés.This research investigates the tendency we have to use things as mediators in our dealing with the past. It aims at drawing the evolution of the status of the things taken back from the sea by inhabitants of coastal areas. Underwater pictures may have become part of our daily life, but not long ago the ocean was still considered as the realm of the unknown, a reality that people didn’t challenge fearlessly. To pick up what stand as foreshore, which seemed nevertheless to play a fundamental part in the interactions between human societies and the ocean, induces a certain unease, for this practise depends on an “economy of salvage” which is at odds with domestic life. This trouble is strenghten by a “culture macabre” which pervades the atmosphere in traditional Brittany (partly fostered by castaways). Still, nowadays the balance seems to be likely to reverse, and it is man who appears as being a threat hanging over the Ocean. The creation of a rotected Marine Area in western Finistere is part of a global system aimed at managing time and space, including patrimonialization of shipwrecks. The inquiry shows that the engraving of memory in public areas echoes with the exhibition of individual memory in privacy. Between “trophies” and “relics”, the souvenirs salvaged by divers reveal the strenght of mechanisms of identification to the group, to places and to their history. These mechanisms are not always conscious. We shall not deny the ambiguity of such process of reinventing the past but this study intends to highlight the emotional affects observed on the ground

    Épaves et cénotaphes : le face-à-face

    No full text
    Face à l’océan Atlantique, le cénotaphe de la pointe Saint-Mathieu (Plougonvelin, Finistère) honore la mémoire des disparus en mer. Sous la surface, les marins morts au combat reposent paisiblement dans leur sarcophage d’acier. Lieux de recueillement sans cadavre, tombeaux sans visiteur se renvoient comme un écho… Sans visiteur, ou presque : les épaves reçoivent de plus en plus souvent la visite de plongeurs amateurs, attirés par la beauté du spectacle mais aussi par la charge émotionnelle des lieux. Tous ne sont pas férus d’histoire maritime locale, mais rares sont ceux qui restent de marbre face à la beauté sépulcrale des « messagères de l’histoire ». Valeur patrimoniale et valeur artistique s’entrelacent et font la force d’un vécu qui, bien que subjectif, donne le sentiment d’appartenir à un collectif. Cette réflexion transversale porte sur l’oubli, sur le deuil et sur sa représentation, mais aussi sur les rapports subtils entre art, mémoire, deuil et histoire.Cann Typhaine. Épaves et cénotaphes : le face-à-face. In: Faire la guerre, faire la paix : approches sémantiques et ambiguïtés terminologiques. Actes du 136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, « Faire la guerre, faire la paix », Perpignan, 2011. Paris : Editions du CTHS, 2012. pp. 209-220. (Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, 136-1
    corecore