16 research outputs found

    BibliothÚque de l'Université Laval : 165 ans d'histoire : 1852-2017

    Get PDF
    Quiconque s’imagine que la vie en bibliothĂšque est un fleuve tranquille se dĂ©trompera en lisant cet ouvrage. Il n’y trouvera pas l’atmosphĂšre feutrĂ©e, la douceur des maniĂšres ni la tranquillitĂ© qui feraient le quotidien des bibliothĂšques. Une bibliothĂšque universitaire se trouve au cƓur de nombreux tiraillements. Elle compose avec les exigences difficilement conciliables des gouvernements, des autoritĂ©s universitaires, des professeurs, des Ă©tudiants et de bien d’autres encore. Elle doit avancer au rythme des innovations technologiques et renouveler son rĂŽle dans le systĂšme de l’éducation supĂ©rieure. La bibliothĂšque de l’UniversitĂ© Laval illustre en une large mesure les dĂ©fis qu’ont dĂ» relever toutes les bibliothĂšques universitaires. Abondamment illustrĂ©, le livre s’adresse Ă  ceux qui aiment les bibliothĂšques et les lieux de savoir, qu’ils aient dĂ©jĂ  mis ou non les pieds Ă  l’UniversitĂ© Laval. Nul besoin d’ĂȘtre bibliothĂ©caire pour s’y plonger. D’un abord facile, le texte repose toutefois sur des recherches approfondies

    L’expĂ©rience coloniale anglaise et les relations interculturelles au QuĂ©bec

    Get PDF
    Le Québec est présentement aux prises avec un malaise envers les immigrants qui a soulevé une série de débats dans les médias de masse, dans les cercles universitaires et communautaires pour ensuite prendre un caractère politique et public. Cet inconfort a soulevé une crainte des Québécois canadiens français que les immigrants envahissent le Québec en refusant d’adopter pleinement la culture québécoise, les laissant minoritaires et impuissants sur leur propre territoire. Une crainte que la culture, la langue et les valeurs québécoises deviennent aliénées. Celle-ci semble prendre origine dans la période de colonisation britannique du Québec (18e siècle) qui s’est ensuite transformée pour former le mouvement nationaliste contemporain. Face à ce constat, une question se pose: comment l’expérience coloniale du Québec influence-t-elle la manière dont les Québécois vivent avec la diversité culturelle aujourd’hui? Nous argumenterons que la conséquence principale de la colonisation britannique est un réflexe inconscient entretenu par une absence de conscience historique qui teinte les mécanismes de compréhension que les Québécois Canadiens français ont de l’Autre. Comme la compréhension influence grandement les actions, ce biais influence ultimement les interactions et les relations interculturelles. Au travers d’entrevues de Québécois Canadiens français et d’immigrants, nous démontrerons l’influence que cette crainte a sur la compréhension et sur les discours et explorerons comment les immigrants réagissent à ce Québec.Quebecers are now struggling with the presence of new immigrants in the province which many identified as an « identity crisis ». From 2006 onwards, many debates on the question were widely broadcasted in the media and extensively discussed within academia and NGOs, ultimately affecting the political sphere. Those debates revealed a constant nervousness of the French Canadian population of Quebec that immigrants were invading the province, refusing to adopt Quebec’s unique culture, leaving them as a marginalized alienated community on their own territory. This fear seems to have its origins in the British colonial era of the 18th century, then transformed into the modern nationalist movement that reemerged in the middle of the 20th century. A question then arises : What are the effects of the British colonial era on the way Quebecers understand and interact with immigrants ? We argue that it resulted in an unconscious cultural reflex, maintained by a lack of historical consciousness, to protect itself from potential new invaders influencing the mechanisms of how Quebecers understand the Other. As understanding has great effects on action, this view ultimately affected intercultural relations and interactions. Through interviews with Quebec’s French Canadians and immigrants, we showed the influence of that fear in understanding and discourse and explored how immigrants react to Quebec’s situation

    La communauté du dehors : imaginaire social et représentations du crime au Québec (XIXe-XXe siÚcle)

    Get PDF
    La sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise a, comme toutes les sociĂ©tĂ©s, ses crimes et criminels lĂ©gendaires. Or, si ces faits divers cĂ©lĂšbres ont fait l’objet, dans les derniĂšres dĂ©cennies, de quelques reconstitutions historiographiques, on connaĂźt beaucoup moins, en revanche, le mĂ©canisme de leur lĂ©gendarisation, le processus historique et culturel par lequel ils passent du « fait divers » au fait mĂ©morable. C’est d’abord ce processus que s’attache Ă  Ă©tudier cette thĂšse de doctorat, qui porte sur quatre crimes cĂ©lĂšbres des XVIIIe et XIXe siĂšcles (le meurtre du seigneur de Kamouraska [1839] ainsi que les crimes commis par « la Corriveau » [1763], par le « docteur l’Indienne » [1829] et par les « brigands du Cap-Rouge » [1834-1835]) : pour chacun de ces cas particuliers, l’analyse reconstitue la gĂ©nĂ©alogie des reprĂ©sentations du crime et du criminel de maniĂšre Ă  retracer la fabrication et l’évolution d’une mĂ©moire collective. Celles-ci font chaque fois intervenir un systĂšme complexe de discours : au croisement entre les textes de presse, les rĂ©cits issus de la tradition orale et les textes littĂ©raires, l’imaginaire social fabrique, Ă  partir de faits criminels ordinaires, de grandes figures antagoniques, incarnations du mal ou avatars du diable. Ce vaste processus d’antagonisation est en fait largement tributaire d’une Ă©poque (le XIXe siĂšcle) oĂč, dans les sociĂ©tĂ©s occidentales, le « crime » se trouve soudainement placĂ© au cƓur de toutes les prĂ©occupations sociales et politiques : l’époque invente un vĂ©ritable engouement littĂ©raire pour le crime de mĂȘme que tout un arsenal de savoirs spĂ©cialisĂ©s, d’idĂ©es nouvelles et de technologies destinĂ©es Ă  connaĂźtre, mesurer et enrayer la criminalitĂ©. DĂšs les premiĂšres dĂ©cennies du XIXe siĂšcle, le phĂ©nomĂšne se propage de ce cĂŽtĂ©-ci de l’Atlantique. Dans la foulĂ©e, les grands criminels qui marquent la mĂ©moire collective sont appelĂ©s Ă  devenir des ennemis imaginaires particuliĂšrement rassembleurs : figures d’une altĂ©ritĂ© radicale, ils en viennent Ă  constituer le repoussoir contre lequel, Ă  partir du XIXe siĂšcle, s’est en partie instituĂ©e la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise.Quebec society, like all societies, has its own legendary crimes and criminals. Yet if these famous faits divers have been recently made into historiographical re-enactments, the cultural and historic manner in which they are transformed from local news reports into national myths – what we call mecanisms of “ lĂ©gendarisation ” –, is practically unknown. It is this mutation that this thesis examines : drawing from four famous crimes of the 18th and 19th centuries (the Seigneur of Kamouraska’s murder [1839] as well as the crimes committed by “ La Corriveau ” [1763], by the “ docteur l’Indienne ” [1829] and by the “ brigands du Cap-Rouge ” [1834-1835]), our analysis recollects their two-hundred-year-long genealogy into collective memory. Through this collective memory, a complex discourse system arises for each crime : by intertwining newspaper reports and stories from oral and written traditions, social imagination manufactures great antagonist figures, incarnations of evil and avatars of the devil from ordinary criminal acts. This vast antagonizing process is in fact dependent on a whole epoch – the 19th century – where, in the western world, “ crime ” was suddenly placed at the heart of all social and political preoccupations. This era seemingly created a literary craze for crime, as well as a whole arsenal of specialized notions, ideas and technologies designed to understand, mesure and eliminate criminality. During the Lower Canada period, the phenomenon spreads across this side of the Atlantic. In the wake of this movement, the great criminals who impacted the collective mind are made to become especially rallying imaginary enemies : figures of a radical otherness, they become the foil against which Quebec society, from the 19th century onwards, instituted itself

    Philosophies, cultures politiques et reprĂ©sentations de l'Autochtone aux États-Unis et au Canada, 18e et 19e siĂšcles

    Get PDF
    Cette thĂšse vĂ©rifie l’effet d’une philosophie sur la reprĂ©sentation historique d’une rĂ©alitĂ© sociale, et ce des lendemains de la RĂ©volution amĂ©ricaine jusqu’à l’aube du XXe siĂšcle. Cette reprĂ©sentation concerne l’Autochtone, son rapport au contexte et Ă  l’État. Comment la culture politique des cadres Ă©tatsunien et canadien respectivement mĂšne l’élite s’y inscrivant – soit celle concernĂ©e par la question -, de 1783 Ă  1900, Ă  se reprĂ©senter la rĂ©alitĂ© amĂ©rindienne et son rapport au contexte social et Ă  l’État? Aux États-Unis, projet libĂ©ral et individualiste, l’élite rĂ©flĂ©chit l’Autochtone en fonction de fins libĂ©rales, raison d’ĂȘtre des institutions. L’individualisme balise la pensĂ©e; l’Autochtone n’est respectĂ© et reconnu collectivement qu’en tant qu’il n’affecte point la tĂ©lĂ©ologie du cadre. L’AmĂ©rique du Nord britannique voit les nĂ©cessitĂ©s impĂ©riales, plus tard nationales, fonder la rĂ©flexion. Elles dĂ©finissent la place lui revenant dans ce projet, celle dĂ©terminĂ©e par l’autoritĂ© gouvernant sa rĂ©alisation, laquelle doit alors prĂ©server son contrĂŽle sur l’AmĂ©rindien. En fonction d’un ordre est-il pensĂ©. Cette Ă©tude le confirme. MĂ©thodologiquement centrĂ©e sur l’analyse de la rĂ©flexion d’élites politiques et juridiques, la diffĂ©rence entre une reprĂ©sentation fondĂ©e sur des impĂ©ratifs libĂ©raux et une centrĂ©e sur des notions d’ordre et d’étatisme y est apprĂ©hendĂ©e. Le cadre amĂ©ricain oppose un individualisme Ă  une reconnaissance lĂ©gale de la tribu. Le premier devra primer, signifiant l’amĂ©ricanisation de l’Autochtone, car la loi et le politique doivent, pour le colon, servir la finalitĂ© territoriale. Le cadre britannique s’élabore sur une rĂ©flexion fondĂ©e sur des impĂ©ratifs d’ordre. La rĂ©alitĂ© et la place des collectivitĂ©s sont rĂ©flĂ©chies, dĂ©finies et dĂ©terminĂ©es par une autoritĂ© lĂ©gitimĂ©e sur une tradition. Elle gĂšre le contexte, ses Ă©lĂ©ments, comme les tribus, pour s’assurer d’un dĂ©veloppement ordonnĂ©. L’Autochtone n’est pas impĂ©rativement individualisĂ©, mais plutĂŽt collectivement protĂ©gĂ©, gouvernĂ© et sĂ©grĂ©gĂ©. Son contrĂŽle passe avant son individualisation, l’ordre devant baliser le dĂ©veloppement. Ainsi s’élaborent deux pensĂ©es au sujet de l’AmĂ©rindien, formatĂ©es Ă  l’intĂ©rieur des pĂŽles individu/collectivitĂ©

    Science culture in English-speaking Montreal, 1815-1842

    Get PDF
    Most North American work on the history of science concentrates on the period of the 1840s and beyond, a time when permanent scientific institutions were founded and science emerged as a professional pursuit. The originality of this thesis lies in its examination of the earlier period and the demonstration that amid the large-scale social, religious, political and economic change in Montreal there was an emergent, amateur urban science culture and practice. Recent studies have emphasized the importance of the local setting and the factors there that facilitated or retarded the development of science culture, the practice of science and the growth of scientific institutions. This thesis examines the multiplicity of ways in which science became a part of the cultural attitudes of English-speaking Montrealers during the period from 181 5 to 1842. Attitudes toward science were shaped by public spectacles and lectures, informal and formal learning experiences, and by the growth of such institutions as libraries and scientific institutions. By 1835 a number of elementary and secondary schools included some science in the curriculum. Civic pride and emulation lay behind the founding of literary and scientific institutions in Montreal. Members of the Natural History Society of Montreal (NHSM), which was founded in 1827, sought to form a museum of natural history specimens found in the Canadas and to diffuse a knowledge of science among the public. The research for this thesis is based on a wide range of primary source materials, including the archives of the NHSM and the Montreal Mechanics' Institute (MMI) held respectively at McGill University and the Atwater Library, as well as contemporary newspapers, periodicals and other printed document

    Comparaison des discours publics de Theobald Wolfe Tone (Irlande) et de Louis-Joseph Papineau (Bas-Canada) sur le lien Ă  la Grande-Bretagne et sur la constitution

    Get PDF
    L'objectif de ce mĂ©moire est de rendre compte, en les comparant, des discours publics respectifs de Theobald Wolfe Tone, pour l'Irlande, et de Louis-Joseph Papineau pour le Bas-Canada. Il s'agit de mener cette analyse pour les annĂ©es de la montĂ©e des revendications constitutionnelles et de l'Ă©vocation de l'indĂ©pendance dans deux territoires politiquement dĂ©pendants de la Grande-Bretagne, fin du 18e siĂšcle (1790-1798) et dĂ©but du 19e siĂšcle (1827-1837). Ces annĂ©es ont prĂ©cĂ©dĂ©, respectivement, la RĂ©bellion de 1798 (Irlande et l'Union Ă  la Grande-Bretagne, en 1801), et celle de 1837 au Bas-Canada, suivie de l'Union au Haut-Canada, en 1840. De ce point de vue, les grands thĂšmes retenus pour l'analyse comparative sont naturellement ceux de la dĂ©pendance et de la constitution. À partir des Ă©crits publics de Tone, des retranscriptions des discours de Papineau Ă  la Chambre d'assemblĂ©e du Bas-Canada et de ses brochures, ce mĂ©moire propose une analyse du discours public de ces personnages qui ont dĂ©sirĂ© changer le destin politique de leur «pays» respectif. En Irlande, Theobald Wolfe Tone apparaĂźt d'abord comme un whig progressiste aspirant faire une carriĂšre de parlementaire. Il sera actif politiquement hors du Parlement et publiciste. Au Bas-Canada, Louis-Joseph Papineau sera prĂ©sident de la Chambre d'assemblĂ©e coloniale du Bas-Canada de 1815 Ă  1837. D'abord partisans d'une application autonomiste d'une constitution britannique rĂ©cente (1782 pour l'Irlande) et relativement rĂ©cente (1791 pour le Bas-Canada), ils Ă©prouvent ensuite les limites du possible dans l'ordre Ă©tabli par ces constitutions, puis croient nĂ©cessaire de sortir de cet ordre constitutionnel par l'indĂ©pendance. Comme rĂ©formistes, ils arrivent tous deux Ă  l'idĂ©e que le changement n'est possible qu'avec des modifications Ă  la constitution elle-mĂȘme: Tone prĂŽne l'unitĂ© de tous les Irlandais, l'«émancipation des catholiques», qui sont en Irlande l'objet d'une discrimination politique lĂ©galement instituĂ©e et l'application de l'autonomie lĂ©gislative. Papineau pour sa part se fait au Bas-Canada le dĂ©fenseur de l'idĂ©e de l'Ă©lectivitĂ© d'un Conseil lĂ©gislatif, alors dĂ©pendant du Conseil exĂ©cutif, du gouverneur et du gouvernement mĂ©tropolitain, et concurrent de l'AssemblĂ©e.\ud Ces rĂ©formes ne pouvant se rĂ©aliser, Tone et Papineau en arrivent Ă  la nĂ©cessitĂ©, comme moyen, de l'indĂ©pendance. Tone la conçoit comme devant se faire immĂ©diatement, par la voie rĂ©volutionnaire du recours aux armes et la collaboration de la France. Papineau fait plutĂŽt l'apologie, pour l'immĂ©diat, de mesures «paisibles, lĂ©gales et constitutionnelles», mais il vante dĂšs les annĂ©es 1830 la supĂ©rioritĂ© des institutions amĂ©ricaines et ne se dĂ©solidarise pas publiquement de ceux qui en 1837 dĂ©sirent une rĂ©sistance armĂ©e. Cette recherche a montrĂ© que le discours public de Tone constitue d'abord un plaidoyer pour l'autonomie lĂ©gislative de l'Irlande, et que celui de Papineau affirme les prĂ©rogatives de l'AssemblĂ©e Ă©lue dans l'Ă©quilibre des pouvoirs au Bas-Canada. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : AutodĂ©termination, Constitution, Émancipation, Institutions coloniales, Nation, RĂ©bellion, RĂ©forme, 18e siĂšcle, 19e siĂšcle

    Les organismes communautaires au Québec : vers une sociologie de la mémoire

    Get PDF
    Cette thĂšse de doctorat vise Ă  renouveler la problĂ©matique de l'organisation communautaire au QuĂ©bec en tant qu'elle se prĂ©sente comme une technique de changement social. La question de la recherche est celle posĂ©e par l'adoption en 2001 d'une Politique de reconnaissance de l'action communautaire par le gouvernement du QuĂ©bec. Celle-ci fut dĂ©finie comme un dispositif mettant fin au litige concernant la protection de l'autonomie des organismes communautaire en instituant une rĂ©glementation des divers modes de soutien Ă©tatique Ă  leur financement. Or, loin de mettre fin au dĂ©bat, cette politique l'a plutĂŽt relancĂ©. Jadis, au dĂ©but des annĂ©es 1970, disait-on, le gouvernement du QuĂ©bec « rĂ©cupĂ©rait » les cliniques populaires de santĂ© pour en faire des institutions publiques tout en les Ă©vidant du contrĂŽle dĂ©mocratique des usagers. En 2001 la nouvelle perspective de « rĂ©cupĂ©ration » se prĂ©senterait avec une nouvelle formule, « post-providentielle » de gestion de l'État, qui consisterait Ă  maintenir un contrĂŽle centralisĂ© de ses missions tout en l'allĂ©geant de la responsabilitĂ© de la production directe des services dĂ©sormais dĂ©lĂ©guĂ©e Ă  des instances locales publiques ou privĂ©es. Dans ce nouveau contexte, le mode de financement par « ententes de service » deviendrait inĂ©luctablement un incitatif fort pour transformer les organismes communautaires « autonomes » en organismes parapublics. La contribution de cette thĂšse consiste Ă  proposer un recadrage de ce dĂ©bat pour mettre en question non pas la survie de l'institution que sont devenus les organismes communautaires au QuĂ©bec, mais celle de leur capacitĂ© Ă  instituer/crĂ©er des pratiques sociales autonomes, c'est-Ă -dire voulues, conçues et appropriĂ©es par des individus rĂ©unis en collectif. Une mise en discussion des rĂ©flexions thĂ©oriques de Fernand Dumont sur la culture et de Cornelius Castoriadis sur l'institution imaginaire de la sociĂ©tĂ© permet de situer les organismes communautaires dans un espace interstitiel du social, celui de l'imaginaire instituant, lĂ  oĂč se joue une confrontation constante entre les legs historiques qui permettent au monde de tenir ensemble et la crĂ©ativitĂ© humaine qui le fait ĂȘtre projet. Cette position des organismes communautaires en fait des objets d'observation privilĂ©giĂ©s pour Ă©tudier le travail d'institution de la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise. Or le rĂ©cit commun du mouvement communautaire en situe les origines au contexte de la RĂ©volution tranquille ce qui a pour consĂ©quence d'en limiter la comprĂ©hension dans les cadres idĂ©ologiques de cette pĂ©riode. En remontant par delĂ  ce point zĂ©ro de la mĂ©moire du mouvement communautaire quĂ©bĂ©cois, il est possible d'identifter la prĂ©sence d'associations civiques depuis la Nouvelle-France. Les formes organisationnelles, les bassins de recrutement, les idĂ©ologies et les rattachements institutionnels varient d'une Ă©poque Ă  l'autre et sont habituellement autant d'indices des dĂ©placements des valeurs, des significations et des institutions dans l'imaginaire social. NĂ©anmoins il s'en dĂ©gage une logique que nous dirons matricielle et qui a pu accueillir des programmes idĂ©ologiques opposĂ©s allant du corporatisme social Ă  l'autogestion. Des figures comme la mission Ă  accomplir avec une rigueur morale sans compromis, l'impĂ©ratif d'entraide et l'affirmation identitaire forment ce que nous avons nommĂ© une logique instituante typique de la culture quĂ©bĂ©coise. L'approfondissement de la prise de conscience de ces attractions mĂ©morielles pourrait rendre plus autonome, mais jamais complĂštement, notre dĂ©veloppement communautaire. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : CommunautĂ©, Association, Imaginaire, MĂ©moire collective, ReprĂ©sentations sociales, SolidaritĂ©

    L'État et le placement des chĂŽmeurs au QuĂ©bec : les premiers bureaux d'emploi publics, 1909-1932

    Get PDF
    Ce travail aura pour but central d'analyser le fonctionnement des bureaux de placement publics pour ouvriers Ă©tablis Ă  MontrĂ©al et Ă  QuĂ©bec, en 1911, par le ministĂšre provincial des Travaux publics et du Travail. Cette politique sera, par la suite, supervisĂ©e et financĂ©e, en 1918, par le gouvernement fĂ©dĂ©ral canadien. La Loi de coordination des bureaux de placement et le Service d'Emploi du Canada viendront ainsi, dans la pĂ©riode d'aprĂšs-guerre, occuper le champ de la distribution de la main-d’Ɠuvre au pays. Notre thĂšse aura, dĂšs lors, pour fonction d'Ă©tudier le programme provincial et le rĂ©gime fĂ©dĂ©ral de bureaux d'emploi pour chĂŽmeurs et chĂŽmeuses au QuĂ©bec. Cette analyse nous permettra, entre autres, de comprendre le processus de formation de la catĂ©gorie sociale de solliciteur d'emploi durant les annĂ©es 1910. Cette Ă©tude portera Ă©galement un regard sur les agences de placement privĂ©es pour ouvriers et servantes opĂ©rant Ă  MontrĂ©al Ă  la mĂȘme Ă©poque. La fermeture de ces agences payantes sera souhaitĂ©e notamment par les organisations ouvriĂšres. Les critiques rĂ©pĂ©tĂ©es des reprĂ©sentants syndicaux viendront ainsi pousser le gouvernement quĂ©bĂ©cois Ă  Ă©tablir des bureaux de placement gratuits et dĂ©sintĂ©ressĂ©s et Ă  lĂ©gifĂ©rer sur les agences privĂ©es. Le rĂ©seau de bureaux de placement publics, nommĂ©s aussi bureaux d'enregistrement pour ouvriers, constitue un moyen d'intervenir sur le chĂŽmage de maniĂšre bureaucratisĂ©e et scientifique qu'il sera nĂ©cessaire d'analyser. Nous nous attacherons donc Ă  comprendre la mĂ©canique rĂ©gulatrice et les caractĂ©ristiques de l'intervention Ă©tatique en ce domaine. Cet exercice permettra d'ouvrir un champ historique nouveau au QuĂ©bec, puisque l'historiographie, quĂ©bĂ©coise et canadienne, a peu portĂ© d'Ă©clairage sur les chĂŽmeurs et les chĂŽmeuses des annĂ©es 1910-1920 et sur les bureaux de placement provinciaux coordonnĂ©s par l'État fĂ©dĂ©ral aprĂšs la PremiĂšre Guerre mondiale. Ces premiĂšres dĂ©cennies du 20e siĂšcle constituent pour le Canada et le QuĂ©bec une pĂ©riode embryonnaire façonnant les prĂ©misses de la construction de l'État providence en matiĂšre d'assistance gouvernementale et nationale aux chĂŽmeurs et chĂŽmeuses du pays. \ud ______________________________________________________________________________ \ud MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Canada, QuĂ©bec, MontrĂ©al, 1909, 1910, 1920, 1932, État, chĂŽmage, chĂŽmeur, travail, emploi, assurance-chĂŽmage, bureau de placement public, agence de placement privĂ©e, Stewart, Service d'Emploi du Canada, ministĂšre du Travail, Travaux publics, bureau d'enregistrement, servante, journalier, bĂ»cheron

    Les voyages de James Wilson Morrice aux CaraĂŻbes (1915-1924)

    Get PDF

    L'idéologie de la pauvreté chez l'élite canadienne-française du XIXe siÚcle : (1850-1900)

    Get PDF
    Notre travail de recherche s'inscrit dans une pĂ©riode trĂšs mouvementĂ©e de l'histoire du QuĂ©bec, alors qu'entre 1850 et 1900, la sociĂ©tĂ© canadienne-française entrait dans une Ăšre d'industrialisation et de grand dĂ©veloppement Ă©conomique qui la mettait sur les rails du progrĂšs et du modernisme. La structure sociale elle-mĂȘme connaissait une transformation radicale avec la fin du rĂ©gime fĂ©odal, oĂč les seigneurs et leurs censitaires laissaient la place aux bourgeois capitalistes avides de s'enrichir et Ă  leur cohorte d'ouvriers Ă  peine sortis de la paysannerie. Ce trĂ©pidant XIXe siĂšcle, qui redĂ©finissait le monde aux sons des tambours de la libertĂ©, voyait cependant se creuser un immense fossĂ© entre les riches et les pauvres. Une bourgeoisie affairĂ©e et prospĂšre s'alliait Ă  un clergĂ© animĂ© d'une foi plus engagĂ©e sur le plan social, pour endiguer un paupĂ©risme grandissant qui mettait en pĂ©ril les objectifs sociaux et les valeurs chĂšres Ă  cette classe aisĂ©e qui privilĂ©giait une sociĂ©tĂ© d'ordre, de paix, de moralitĂ© et de rĂ©ussite. En nous rapprochant de l'Ă©lite quĂ©bĂ©coise et francophone du XIXe siĂšcle, afin de mieux cerner l'opinion qu'elle entretenait sur la pauvretĂ© et sur les pauvres, nous avons dĂ©couvert, par le biais de ses discours, de ses confĂ©rences, de ses articles de journaux et de ses divers Ă©crits, que nous Ă©tions en prĂ©sence d'une classe dominante aux idĂ©es bien prĂ©cises en matiĂšre de pauvretĂ©. En effet, pour ces hommes occupĂ©s Ă  bĂątir un pays et un systĂšme Ă©conomique oĂč chacun pouvait, en principe, atteindre Ă  la fortune par son travail, par son sens de l'Ă©conomie, par sa bonne conduite et par son ambition Ă  rĂ©ussir, la pauvretĂ© n'avait pas sa place et elle Ă©tait, bien souvent, la malheureuse consĂ©quence de l'irresponsabilitĂ© et du vice. Bien sĂ»r, la charitĂ© envers les pauvres demeurait un geste des plus louables pour autant qu'il fĂ»t accompli librement et au bĂ©nĂ©fice des vrais pauvres, c'est-Ă -dire de ceux inaptes Ă  gagner leur vie, tels les orphelins, les malades, les vieillards et les infirmes. MalgrĂ© une certaine controverse au sujet de l'intervention de l'État dans l'aide Ă  la pauvretĂ©, la bourgeoisie quĂ©bĂ©coise prĂ©fĂ©rait confier Ă  l'Église et aux communautĂ©s religieuses la prise en charge de la misĂšre. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : 19Ăšme siĂšcle, PauvretĂ©, Discours, Bourgeoisie, ClergĂ©
    corecore