La production critique de la mode dans les Mémoires secrets

Abstract

Mon sondage dans le riche matériau culturel proposé par les Mémoires secrets partira d'une observation banale, mais qui mériterait d'être plus souvent rappelée aux commentateurs culturels de notre époque : il a toujours été à la mode de critiquer les modes. Les phénomènes de modes se nourrissent du simple fait qu'on en parle : ceux qui en font les plus violentes critiques contribuent le plus souvent à verser de l'huile sur le feu qu'ils s'efforcent éteindre. Placer les Mémoires secrets sous les auspices du Règne de la critique invite donc aussi à réfléchir sur le rôle et la position de ce périodique au sein de ce qu'on pourrait appeler, du point de vue d'une histoire lente qui se déploierait du XVIIe au XXIe siècle, le Règne de la mode. Le discours de l'époque moderne sur la mode - qui reprend sans doute un stock de stéréotypes hérités de la satire latine - est bien en place dès la fin du XVIIe siècle : il n'y a guère de mécanismes, de dynamiques et de propriétés des phénomènes de mode dont on ne puisse trouver la description au moins esquissée dans le chapitre des Caractères que La Bruyère consacre à la mode, et un beau livre récent de Joan DeJean, The Essence of Style, vient de décrire " la façon dont les Français [de la cour de Louis XIV] ont inventé la mode de la haute couture, des nourritures exquises, des cafés chics, du style, de la sophistication et de la glamour ". Sur le plan des mécanismes en jeu dans la mode, l'époque des Mémoires secrets ne paraît pas apporter grand-chose de nouveau à ce qui s'écrivait, se dénonçait, se faisait parodier sur la scène comique depuis un siècle

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Last time updated on 12/11/2016

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