research

La critique saint-simonienne de la secte des économistes : un positionnement original

Abstract

L'antiphysiocratie des saint-simoniens peut paraître assez naturelle. En effet, une doctrine saint-simonienne réputée pour son industrialisme utopiste ne pouvait, semble t-il, que s'opposer à ce que Smith a appelé le "système agricole". Cette interprétation, sans être totalement erronée, est une réduction abusive du point de vue saint-simonien. En effet, si, au début du XIXème siècle, les saint-simoniens peuvent être rangés dans la catégorie des "néo-smithiens" qui réfutent la thèse selon laquelle la terre est à l'origine de la richesse, ils le font à partir d'une approche spécifique, opposant oisifs et travailleurs. Cette partition modifie les débats classiques concernant le rôle des diverses classes et des revenus qui y sont associés, tout en légitimant un programme anti-physiocrate, opposé au rôle économique et politique des propriétaires fonciers. Pour autant, les saint-simoniens ne se contentent pas de cette opposition : ils soutiennent la méthode de Quesnay et sa définition de l'économie politique. Selon eux, il faut raisonner à partir d'un système, et une philosophie générale des rapports sociaux doit précéder la science des richesses. Même si la nature de cette philosophie diffère (droit naturel vs évolutionnisme historique et physiologique), cette communauté de vue revendiquée concernant la méthode et le refus d'autonomie de l'économie politique conduit les saint-simoniens à une définition et un usage originaux de leur antiphysiocratie, dans le contexte du premier tiers du XIXème siècle

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oai:HAL:halshs-00956451v1Last time updated on 11/11/2016

This paper was published in HAL-ENS-LYON.

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