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Etudes Epistémè, Curiosité et géographie en Orient et en Occident, XVIe – XVIIIe siècles‎ : Curiosité et géographie en Orient et en Occident, XVIe – XVIIIe siècles‎

By Line Cottegnies, Ladan Niayesh and Annick Horiuchi

Abstract

International audience« Il n’est de désir plus naturel que le désir de cognoissance », écrivait Montaigne dans ses Essais (« De l’expérience », III.13)1, reformulant pour son époque l’affirmation inaugurale de la Métaphysique d’Aristote : « Tous les hommes désirent naturellement savoir » (livre 1, 980a)2. Mais si l’ambition cognitive fait partie de la nature humaine, les facteurs qui stimulent ou inhibent sa réalisation varient dans le temps et dans l’espace. Ainsi par exemple, pour Augustin dans La Cité de Dieu, la libido sciendi n’est qu’une forme de concupiscence, une « curiosité vaine » (vana curiositas) qui sera longtemps perçue comme un vice et représentée comme tel dans les allégories médiévales de l’Occident chrétien. La perception de la curiosité demeure encore largement négative en Europe à l’orée de la période moderne, quand César Ripa choisit dans son Iconologie (1593) de la représenter sous les traits d’une femme échevelée au costume décorée d’oreilles et de crapauds, munie d’ailes et ouvrant grand les bras pour étreindre la vaine connaissance où qu’elle se trouve, dans le ciel comme sur terre. Mais ainsi que Barbara Benedict le rappelle dans Curiosity. A Cultural History of Modern Enquiry3, des facteurs comme l’essor de l’empirisme baconien au XVIIe siècle contribuent à réhabiliter la curiosité en la dotant de caractéristiques propres à cette période : un discours fragmentaire et cumulatif, et une culture de sélection et de collection qui prélude à l’encyclopédisme beaucoup plus systématique du XVIIIe siècle. Les manifestations les plus emblématiques de la curiosité sont alors ces « cabinets de curiosités » éclectiques qui se multiplient en Europe occidentale et forment parfois le fonds premier de futurs musées, comme dans le cas du cabinet du naturaliste anglais John Tradescant, qui deviendra plus tard l’Ashmolean Museum d’Oxford

Topics: Curiosities, East Asia, Exploration, Early modern England, curiosités, Orient, Renaissance, [ SHS.LITT ] Humanities and Social Sciences/Literature, [ SHS.HISPHILSO ] Humanities and Social Sciences/History, Philosophy and Sociology of Sciences, [ SHS.PHIL ] Humanities and Social Sciences/Philosophy
Publisher: HAL CCSD
Year: 2014
DOI identifier: 10.4000/episteme.323
OAI identifier: oai:HAL:hal-01368278v1
Provided by: Hal-Diderot
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