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Formes et échelles du commerce d’occasion au XIXe siècle. L’exemple du vêtement à Paris.

By Manuel Charpy

Abstract

Cet article s'attache à décrire les structures du commerce de vêtement d'occasion dans le Paris du XIXe siècle. Largement négligé par les historiens du commerce et de l'économie, notamment du fait de la dispersion des archives, son étude apparaît cependant nécessaire, tant au regard de son omniprésence que des importance quantitatives. En outre, elle permet de dessiner une histoire des consommations qui ne soit pas rabattue sur celle de la production. Loin d'être un commerce informel, croissant dans les interstices de l'économie instituée, il se révèle construit sur des circuits d'approvisionnement permanents et structurés, qui passent notamment par les ventes des Domaines militaires ou du Mont-de-Piété. Cette structure en marché de gros, demi-gros et détails, permet aux commerçants de vêtements d'occasion d'accéder aux marchés européens comme à ceux d'Amérique Latine. Usant des techniques commerciales modernes, il ne s'apparente pas à un commerce au rabais réservé seulement à une clientèle nécessiteuse et offre une large variété d'article. Ce commerce apparaît en outre comme un espace d'observation indiqué pour observer les processus sociaux de la construction des modes et des identités de consommation et de saisir la consommation par la circulation des objets, les changements successifs de natures et de propriétaires. Son recul à partir des années 1870 ne peut plus alors s'expliquer par sa prétendue inadaptation aux mutations commerciales. C'est bien plus le changement des sensibilités à l'égard qui conduit à la différenciation des circuits comme des clientèles des commerces de l'occasion, du neuf et de l'ancien.Forms and Scales of Second-hand Market in the Nineteenth-Century: case-study of Clothes in Paris. This article intends to describe the structures of second-hand clothes business in 19th-century Paris. Although it has been largely neglected by the historians of commerce and economy, particularly because archives are so scattered, it seems necessary to study this topic in view of its omnipresence and of the quantities it involved. Moreover, it provides an opportunity to sketch out a history of expenditure that is not based on the history of production. Far from being an informal business that would have grown in the spare spaces left by the instituted economy, it proved to be based on permanent and structured supplying networks, notably involving sales of military Domains or Pawnbrokers. This wholesale trade and retail market structure allowed second-hand clothes shopkeepers to reach the European markets as well as the Latin American ones. This commerce used modern commercial techniques, and was nothing close to a cheap commerce reserved only for necessitous customers; it offered a wide range of goods. What is more, this commerce seems to be a relevant field of research in order to examine the social process of creation of consumption patterns and identities and to understand the consumption in the light of the circulation of goods, with the successive changes of owners and changes in the use of the items. Consequently, its decline from the 1870s can no longer be explained by its alleged failure to adapt to commercial transformations. Rather, it was the change of sensibilities that lead to the differentiation of networks and customers of second-hand, antiques and new clothes commerce

Topics: Commerce, Paris, Histoire économique, Histoire sociale, Histoire urbaine
Publisher: 'OpenEdition'
Year: 2005
DOI identifier: 10.4000/rh19.373
OAI identifier: oai:revues.org:rh19/373
Provided by: OpenEdition

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