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Le projet postcolonial de la Fédération des Œuvres de l’Enfance Française d’Indochine (FOEFI 1949-1983)

By Yves Denéchère

Abstract

Dès l’implantation de la présence française en Indochine au XIXe siècle naquirent des enfants métis, fruits de relations sexuelles passagères ou plus durables, amoureuses ou forcées, entre des Européens et des femmes du pays. Pendant la guerre d’Indochine (1946-1954), la présence d’un important corps expéditionnaire français accrut considérablement le nombre d’enfants eurasiens et africasiens&nbsp;; en même temps s’aggravait leur problématique intégration dans une société vietnamienne s’affranchissant de la domination coloniale. Différents acteurs (notables, militaires, associations), peu ou prou soutenus par l’État, se refusant à abandonner ces enfants, entreprirent de les envoyer en métropole. Une migration forcée de plus de 5&nbsp;000 enfants métis fut ainsi organisée à partir de la fin des années 1940 par la Fédération des Œuvres de l’Enfance Française en Indochine (FOEFI). Grâce à des archives inédites, il est possible d’interroger les motivations et les objectifs visés par cette association investie d’un biopouvoir par l’Etat. Dans un premier temps, les promoteurs de ce déplacement contraint ont vu dans les enfants métis des traits d’union entre la France et leur pays de naissance. Puis, la décolonisation étant inéluctable, le projet biopolitique colonial se transforma en projet postcolonial. Il s’agissait désormais d’assimiler les enfants métis, quel que soit leur âge, pour en faire des femmes et des hommes adaptés à la société française.From the very beginning of French presence in Indochina in the nineteenth century, children of mixed race were born, the fruit of sexual relationships, whether brief or lasting, romantic or forced, between European colonists and native women. During the Indochina War (1946-1954), the presence of a large French expeditionary force led to a considerable increase in the number of Eurasian and Africasian children. At the same time their problematic integration into a Vietnamese society freeing itself from colonial domination was worsening. Different actors (public figures, soldiers and associations), more or less supported by the State and refusing to abandon their children, began to send them back to France. A forced migration of more five thousands of mixed-race children was thus organised in the late 1940s by the Fédération des Œuvres de l’Enfance Française en Indochine (FOEFI). Thanks to hitherto unpublished archives, this paper investigate the motivations and objectives targeted by this association invested with a biopower by the State. Initially, the promoters of this forced displacement saw in Métis children hyphens between France and their country of birth. Then, decolonisation being inevitable, the colonial biopolitical project turned into a postcolonial project. It was now a question of assimilating the Métis children, whatever their age, to make women and men adapted to French society.</p

Topics: Enfants métis Indochine biopolitique postcolonial, [SHS.HIST]Humanities and Social Sciences/History
Publisher: 'Peter Lang, International Academic Publishers'
Year: 2019
OAI identifier: oai:HAL:hal-02107612v1
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