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"Situations difficiles" et de fin de vie en salle de surveillance postinterventionnelle‎ : ce qui se dit, ce qui se fait

By Éric Lai Doo Woo

Abstract

La médecine moderne permet la suppléance des grandes fonctions vitales. Des "situations difficiles" peuvent ainsi apparaître, où se pose la question du choix du niveau d'engagement thérapeutique, sous-tendue par les craintes de renoncement trop précoce ou d'obstination déraisonnable. La prise de décision entre poursuite d'engagement thérapeutique et Limitation/Arrêt des Thérapeutiques est complexe. Les recommandations des sociétés savantes et les textes de loi pourraient constituer des aides pour structurer la réflexion dans ces cas difficiles. Cette problématique n'a jamais été étudiée dans le contexte spécifique de la salle de surveillance post-interventionnelle (S5P1). Dans une démarche d'évaluation des pratiques professionnelles, nous avons cherché à confronter nos pratiques aux différentes recommandations en la matière, et tenté de déterminer si ces dernières étaient applicables dans le cadre de l'urgence. Parallèlement, nous avons recueilli le ressenti des professionnels exerçant en SSPI à propos de la gestion de ces "situations difficiles". MATÉRIEL ET MÉTHODES : Nous avons conduit une étude rétrospective en deux parties, sur une année (du 1er avril 2011 au 31 mars 2012), monocentrique au Centre Hospitalo-Universitaire de Rouen. La première partie concernait l'analyse des dossiers des patients ayant séjourné plus de six heures en SSPI et relevant d'un questionnement éthique quant au choix du niveau d'engagement thérapeutique. Le critère de jugement principal était la conformité des dossiers à la loi Leonetti. La deuxième partie concernait l'analyse d'un questionnaire sur l'avis des professionnels exerçant en SSPI quant à la concordance des pratiques avec les principes de la loi Leonetti. RÉSULTATS : Aucun des 36 dossiers des patients inclus n'était entièrement conforme aux exigences de la loi Leonetti. Aucun d'entre eux ne mentionnait notamment la consultation des directives anticipées et de la personne de confiance, et seuls 53% contenaient une trace écrite décrivant la situation survenue en SSPI. La chirurgie était urgente dans 92% des cas, et 81% des patients étaient entrés en période de garde. Le taux de réponse au questionnaire était de 38%. Soixante-quatorze pourcents des répondants disaient connaître la loi Leonetti, mais le niveau de connaissance moyen était auto-estimé à 3 sur 10. Soixante pourcents des médecins anesthésistes-réanimateurs seniors estimaient que leurs pratiques étaient en adéquation avec la loi Leonetti. CONCLUSION : Notre travail a mis en évidence que, concernant la gestion des "situations difficiles" en SSPI, il existait une discordance entre la réalité des pratiques et ce qui en est perçu. Le cadre légal et les recommandations des sociétés savantes, même si non-prévus initialement pour les situations d'urgence, pourraient servir de cadre à la réflexion, L'écriture, par l'ensemble de l'équipe, d'un protocole d'aide à la décision basé sur les recommandations et la loi Leonetti, pourrait permettre d'améliorer les pratiques

Topics: niveau d'engagement thérapeutique, loi Leonetti, limitation et arrêt des thérapeutiques, salle de surveillance post-interventionnelle, urgence, [SDV.MHEP]Life Sciences [q-bio]/Human health and pathology
Publisher: HAL CCSD
Year: 2012
OAI identifier: oai:HAL:dumas-00759264v1
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