L'élevage quel développement

Abstract

Quelles sont les priorités et les options pour la production animale dans les pays ACP et tout particulièrement en Afrique ? Faut-il choisir les systèmes intensifs ou extensifs d'élevage ? Dans quelle mesure les systèmes traditionnels doivent-ils être repris ou modifiés par l'agronomie et les méthodes de gestion modernes ? En Afrique, le système habituel de production animale repose sur le pâturage extensif pour les bovins, le pâturage semi extensif ou pas de pâturage du tout pour les petits ruminants et la stabulation extensive pour les nonruminants. PLUS DE VIANDE, MOINS DE FORET La préférence des consommateurs pour le boeuf incite à augmenter la production bovine. Cependant, l'accroissement de la production bovine extensive est responsable de la destruction des forêts. Trois projets situés dans les Etats du sud ouest du Nigéria, le Bendel, l'Ogun et l'Ondo, illustrent bien ces propos : de larges zones forestières ont été détruites pour permettre la production bovine extensive. En outre, les scientifiques ont montré que l'élevage reposant sur ces systèmes de pâturage extensifs est loin de produire des résultats satisfaisants dans les pays en développement: faibles taux de fécondité, forts taux de mortalité, âge d'abattage trop avancé. En ce qui concerne les espèces monogastriques, de grands bouleversements sont apparus. Les améliorations génétiques considérables réalisées sur ces espèces ces quatre dernières décennies ont favorisé le développement d'unités de production spécialisées à grande échelle, en remplacement des petites exploitations semi-extensives avicoles et porcines. En conséquence, la production avicole intensive s'est trouvée réservée aux grandes exploitations, tournées vers les marchés urbains. Mais le coût élevé des matières premières alimentaires, dont la plupart sont importées, ont révélé l'inadéquation des systèmes de production intensive actuels, qui reposent sur des techniques conçues pour s'intégrer dans le contexte économique prévalant dans les pays industrialisés. En effet, les systèmes extensifs de production animale en Afrique, tout comme les systèmes intensifs, rencontrent des problèmes importants qu'il convient de résoudre pour permettre tout développement significatif. TRADITION CONTRE MODERNISME Deux écoles prévalent actuellement à ce sujet. Certains affirment que les techniques nécessaires existent déjà ou sont en cours d'élaboration dans les centres nationaux et internationaux et qu'il suffit de les diffuser correctement. D'autres rejettent les techniques modernes et s'efforcent de trouver des solutions dans les traditions de chaque région. Il est sûr que la tradition ne peut être porteuse de progrès. Cependant, de nombreux facteurs interviennent qui rendent plus complexe la situation dans la production animale en petites exploitations. C'est pourquoi les connaissances modernes ainsi que le savoir-faire traditionnel sont appelés à jouer un rôle essentiel dans l'amélioration de la production animale. Face à la modernité, les paysans ont une attitude méfiante. Cette prudence est légitime dans la mesure où ils sont incités à remplacer des méthodes sûres par des techniques plus risquées, certes porteuses de davantage de profits, mais qui nécessitent une gestion rigide. Je pense que le moment est venu de donner une autre orientation à nos réflexions et de changer de cap pour le développement de la production animale dans les pays ACP. Devons-nous persister à promouvoir cette production pour pallier les déficiences en protéines aniOn au contraire voir en elle un secteur générateur d'emplois, de réserves alimentaires suffisantes et de moyens de subsistance pour les populations rurales ? Ces deux approches sont radicalement différentes. La première se concentre uniquement sur la production, les investissements, les coûts, indépendamment de la méthode, des agents, des conséquences environnementales et socioculturelles. La seconde suggère en revanche d'implanter la production animale en milieu rural, d'utiliser les moyens et les savoir-faire traditionnels afin que les populations rurales en tirent un bénéfice sans voir leur environnement direct endommagé. L'information et l'expérience tirées de plusieurs projets devraient permettre de déterminer quelle approche privilégier en fonction des pays et des situations. Ces études multidisciplinaires intégrées sont une nouveauté, mais elles restent rares en Afrique et dans la plupart des pays ACP. Il faudrait certainement encourager l'intensification des échanges d'informations et des résultats des activités de recherche disponibles. A l'avenir, il est probable qu'il sera nécessaire de développer des systèmes intensifs pour la production bovine semblables à ceux, déjà bien élaborés, appliqués à la production de petits ruminants et d'espèces monogastriques. Par ailleurs, nous pourrions avoir besoin d'encourager la production extensive de non ruminants. Cependant, quelles que soient les options adoptées, cet effort est trop important pour être confié seulement à une fraction de la population, aux instances décisionnaires ou aux responsables d'organisme d'aide. C'est au contraire l'affaire de tous. Les opinions émises dans cette tribune libre n'engagent que leurs auteurs. Elles ne sauraient être attribuées au CTA.Quelles sont les priorités et les options pour la production animale dans les pays ACPet tout particulièrement en Afrique ? Faut-il choisir les systèmes intensifs ou extensifs d'élevage ? Dans quelle mesure les systèmes traditionnels..

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